Nadine Filipe (Creative Club)

published on 05/04/2017 ACA

Nadine Filipe (Creative Club)

"Il y a une belle créativité à Maurice."

Une fois par mois, elle délaisse ses pas de danse et son bureau au sein de l'agence Redhouse Advertising pour faire découvrir des créatifs mauriciens. Nadine Filipe redonne un nouveau souffle au Creative Club de l'ACA.

 

On vous connaît comme la 'Creative Director' de Redhouse Advertising. C'est votre passion qui vous a mené à la tête du Creative Club de l'Association of Communication Agencies (ACA)?

Cette question, il faut la poser à Vino Sookloll, le président de l'ACA. Il m'a demandé si je pouvais prendre la responsabilité du Creative Club, et j'ai tout simplement accepté. Il faut savoir que j'ai un mandat de deux ans. Et vu le travail nécessaire pour faire revive ce club, je crois que celui qui me remplacera à ce poste aura encore du pain sur la planche. 

 

Donc, le Creative Club n'est pas un nouveau club au sein de l'ACA?

Pas du tout! Le Creative Club est un concept qui existe depuis un certain temps mais il y a eu une période où le club est demeuré inactif. Et pour Vino Sookloll, c'était primordial de donner une seconde vie à ce club, pour de multiples raisons.

 

Peut-on savoir davantage sur ces raisons?

Premièrement, il faut absolument rehausser le niveau de la créativité à Maurice; il faut sortir de ce préjugé que la crétivité ne concerne que les agences de publicité. À bas cette fausse perception! Il faut souligner qu'en sus de nos créatifs internes, nous collaborons régulièrement avec une kyrielle de personnes débordantes de créativité. Citons des artistes locaux, des peintres, des chanteurs, des poètes, des slammeurs, des musiciens, des auteurs/compositeurs, des photographes, des illustrateurs, des imprimeurs ou encore nos talents pour la radio. 

 

Voila bien des années que nous avons fait ce constat: nous avons une belle créativité à Maurice mais il faut que tout ce potentiel soit utilisé! Pour cela, on s'est dit: "Allons réunir tous ces magiciens aux dons créatifs autour d'une table." L'idée est de valoriser la créativité au sein du paysage de la pub à Maurice mais aussi de prendre contact avec tous ces professionnels pour leur faire part de notre désir de collaborer avec eux. Le but final est que la créativité mauricienne soit rehaussée. On veut 'Shine'! 'Shine' sur le marché local mais aussi à l'étranger.

 

Une armée de créatifs verra ainsi le jour?

Oui, mais il ne faut pas oublier qu'en réunissant tous ces créatifs, nous essayons de valoriser nos marques. C'est-à-dire les marques qui ont été confiées à l'agence par nos clients. Mais il est vrai que par le biais de ce club, nous valoriserons aussi les talents locaux. Il y a une valeur profonde mauricienne qu'on a intérêt à mettre en avant. On a trop tendance à se dire: "Ce qui se fait à l'extérieur, c'est meiux. Et on va copier ce qui se fait à l'extérieur!"

 

Pourquoi ne pas voir ce que nous pouvons faire à Maurice? Par exemple, le festival Porlwi by Light est un projet qui valorise le ptrimoine profondément mauricien. Et autour de ce projet, il y a des artistes qui sont valorisés. Il faut que la pub fasse la même chose. Nous inciterons les marques à prendre ces éléments bien à la mauricienne et faire briller la créativité locale. Au final, l'objectif du Creative Club est de rehausser le niveau de la créativité, faire que tous ces créatifs se parlent entre eux, se découvrent entre eux.

 

De plus, il existe un bassin de designers sur le marché; nous désirons nous rapprocher d'eux. Cela se fera à travers les dialogues avec les universités, voire avec les étudiants. N'omettons pas la question d'éthique. En d'autre mots, ne pas copier mais instaurer un climat de respect des droits. C'est essentiel qu'on fasse comprendre aux créatifs et à nos clients qu'il y a un droit à l'image et que derrière chaque création, il y a un talent qu'on doit valoriser.

 

Comment vous êtes-vous organisés pour atteindre ces buts?

Le travail a déjà été entamé. J'ai préparé un agenda pour les deux prochaines années, où sont inscrites des actions. Par exemple, nous irons dans les universités. Les rencontres seront organisées sous forme de débats et de séminaires. Nous comptons nous rendre dans cinq institutions, soit le Charles Telfair Institute, le Mahatma Gandhi Institute, le Middlesex, l'Université de Maurice et le Fashion and Design Institute. Nous avons déjà rencontré les élèves de CTI. À CTI, il y a eu le besoin de faire redéfinir la pub et le design. Car nous nous sommes rendu compte qu'il y avait un grand flou à ce niveau.

 

Nous avons, par ailleurs, exposé les attentes des opérateurs de l'industrie de la pub. Par exemple, il faut savoir que le métier de la pub ne peut se faire sans passion. Nous leur avons fait comprendre l'ampleur de ce métier dans la pub et communiqué toutes les opportunités qui leur sont offertes. Le dialogue s'est établi et nous avons pu cerner leurs attentes et leurs craintes par rapport à ce domaine.

 

Rendez-vous a été pris avec le FDI cette année. Et mi-2017, nous comptons contacter les écoles de communication à Maurice. Par la suite, nous allons organiser des débats avec nos 'suppliers', c'est-à-dire les photographes, les boîtes événementielles, des imprimeurs, entre autres. En sus du dialogue, ces débats seront la plateforme idéale pour qu'ils mettent en avant leur savoir-faire. Par exemple, nous nous rapprocherons de ces photographes amateurs qui ne se rendent pas compte qu'ils sont pétris de talents. Il y a des professionnels en herbe qu'il faut encadrer pour les faire grandir.   

 

(Lifestyle Une publication de Business Publications LTD - no 116 – Mars - Avril 2017)